Sur I am nothing without a pudding le Jeu 25 Oct - 10:16
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La tête du mort roule sur le sol. Le cadavre est déjà à terre. Je la regarde s’arrêter sur une clôture en bois, dont la peinture a été bien attaquée par les pluies acides. J’agite ma lame pour en retirer le sang, mais la garde bien en main. Je m’avance prudemment du portillon de la barrière et passe par-dessus. Vu son état, ce n’est même pas la peine que je tente de l’ouvrir. Je vais user mes ressources vitales pour ça. Je reste sur le qui-vive et m’avance vers la porte. Je pose ma main sur la clenche et attends un instant avant de l’ouvrir en grand. Au moins, s’il y a un truc derrière, il est repoussé directement.

Je pénètre directement dans la grande pièce, où s’y trouve un salon et une cuisine. Je reconnais là le style d’architecture des petites maisons bas de gamme mais fonctionnelles. Toujours sur mes gardes, je dois m’assurer qu’il n’y ait rien d’indésirable à l’intérieur. Je frappe du bout de ma lame sur une étagère métallique, faisant résonner le métal. Rien… Je referme la porte et place une chaise derrière. Je me précipite vers la cuisine, poussant le tas d’ordures qui se trouvent sur le plan de travail, recherche la moindre miette. Je fouille les placards. Rien.

Je désespère d’avoir mon apport journalier de calories pour la journée, mais ma fatigue avancée n’aide en rien. On dirait que je vais devoir chercher un coin pas trop dégueulassé pour y passer la nuit. Je me dirige vers l’une des deux chambres. Elle est vide et minimaliste dans sa décoration.  Je me dirige vers la seconde chambre, beaucoup plus remplis. Il y a eu un petit garçon qui vivait là. Un adolescent peut-être ? Je peux voir encore des jouets, mais également des posters de rock. Et une guitare. La maison étant sécurisée, autant que l’on puisse s’en assurer dans un état de faiblesse pareil, je m’approche du lit et m’assieds dessus après avoir posé mes armes sur la table de chevet, et mon sac à ses pieds.

J’attrape la guitare et la hisse contre moi. Je passe un petit moment à l’accorder et soupire avant de laisser mes doigts parcourir les cordes et faire les premiers accords de Civilian, de Wye Oak. Ma voix se met à en diffuser les paroles. Il y a tellement longtemps que je n’ai plus entendu l’écho de ma propre voix. Je repense à tout ce que j’ai oublié pour pouvoir continuer sans défaillir.

« I am nothing without pretend
I know my faults
Can't live with them
I am nothing without a man
I know my thoughts
But I can't hide them
Must you keep my baby teeth
In the bedside table with my jewelry
You still sleep in the bed with me
My jewelry, and my baby teeth
I don't need another friend
When most of them
I can barely keep up with them
Perfectly able to hold my own hand
But I still can't kiss my own neck
I wanted yo give you everything
But I still stand in awe of superficial things
I wanted to love you like
My mother's mother's mother's did
Civilian, civilian »


Je m’arrête, reprenant mon souffle. Je me lève pour replacer la guitare correctement et me laisse de nouveau tomber sur le lit. Je cale ma tête dans le creux de mon coude et ferme les yeux. Si seulement Keaton était prés de moi…
Sur Re: I am nothing without a pudding le Jeu 25 Oct - 14:48
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I am nothing without a pudding
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« I lie for you, walk the wire for you, yeah, I'd die for you »
Mon pied s’échoue dans une pierre, l’envoyant voler à l’autre bout du chemin en un simple petit coup. Je soupire et passe mes mains sur mon visage, épuisé. Un regard sur ma montre puis un autre vers le ciel me suffit pour constater un fait qui ne m’effraie pas plus que ça : la nuit est proche. Alors que je devrais sans doute partir en quête d’un lieu où me reposer, je continus d’avancer, arpentant le coin de fond en comble avec cet ultime espoir de retrouver Faith. Vivante ou morte, je pourrais passer ma vie entière à remuer ciel et terre pour en avoir le cœur net. Je ne peux pas vivre dans le doute. Je me suis fixé un objectif et je ferais en sorte de l’accomplir, quitte à perdre ma propre vie sur le chemin. Bien des personnes auraient tenté de refaire leur vie, de repartir de zéro après avoir mis de côté et oublié le passé. Pas moi. Et il ne se passe pas une journée sans que je prie des dieux auxquels je n’ai jamais vraiment cru pour qu’elle aussi soit à ma recherche.  

Devant moi, une maison qui ne paye pas de mine commence à se dessiner. Je devrais jeter un œil à l’intérieur. Mon instinct me pousse à le faire, c’est toujours comme ça. Je ratisse tout ce qui pourrait abriter une forme de vie, qu’elle soit humaine ou simplement humanoïde. Les maisons, les boutiques, les cabanes, les véhicules abandonnés… Rien ne m’échappe. Dans mon sac à dos, j’emporte toujours un peu de nourriture et cette photo de nous, prise peu de temps après que j’ai eu le courage de la demander en fiançailles. En y repensant, j’esquisse un sourire qui disparaît aussitôt. Le constat est brusque, douloureux : jamais encore nous n’avons pu officialiser cette demande devant un homme de foi. Tous ces projets que nous avions, innocents et pourtant voulu, ne se sont pas réalisés. Nous avons été séparés et je hais le monde de m’avoir donné à une famille comme la mienne. Si seulement j’avais pu être près d’elle.

Sans un bruit, je saisis entre mes mains mon tomahawk, juste au cas où des infectés se trouveraient de l’autre côté de la porte. Rien. Rien d’autre qu’un silence paisible, une aura de sécurité. Ce genre de sentiment ne me gagne pas souvent mais là, c’est comme si une force invisible me poussait à entrer et fouiller cette baraque de misère de fond en comble. Dans un autre monde, Faith aurait été ici, assise dans le canapé à regarder les photos de notre mariage en se moquant de mon costume. Près d’elle, deux ou trois gamins en train de se disputer pour un jouet et au milieu de ce tableau familial inexistant, un chien endormi devant la cheminée. Putain que le monde est un tas de merde ! Jamais je n’aurais ça. Me voilà condamné à errer pour tenter de la retrouver, peut-être même en vain.

« -Merde ! »

La colère m’emporte facilement et je me laisse aller à celle-ci, frappant d’un bon coup de poing sur la vieille table de salon. Le bruit résonne dans toute la baraque et je balance tout ce que je trouve sur le sol, fracassant bien des objets. Que les morts viennent, je les attends de pied ferme ! Me défouler sur eux me fera un bien fou. Je contiens tant de chose que seule sa présence pourrait apaiser. Elle me manque.



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Sur Re: I am nothing without a pudding le Jeu 25 Oct - 23:35
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Je rouvre les yeux dans un sursaut. Ce bruit… Ce n’est pas normal. Je me lève d’un bond, attrape mon épée que je tiens fermement dans ma main gauche, et mon pistolet dans la droite. Je n’ai pas le temps de m’alourdir avec mes affaires. C’est bras nus que je m’approche de la porte et colle mon oreille contre cette dernière. De cette manière, j’entends tout ce qu’il se passe dans la maison. Des bruits de pas. Soudainement, un hurlement, suivis de prés par une maison qu’on retourne. Je fais les gros yeux. Impossible de sortir par la fenêtre en toutes discrétions. Elle a été condamnée. Ma seule façon de me tirer de là est de repasser par la porte d’entrée après avoir réglé son compte à ce type. Vu les bruits, il ne peut être que seul. Je ravale ma salive et fait tourner la clenche doucement à l’aide du tranchant de ma main.

Je tire sur la porte pour qu’elle ne fasse aucun bruit et m’approche dans le couloir, voyant cette silhouette s’exciter de la sorte. Je pointe mon flingue vers ce type. Cet inconnu. Un inconnu toutefois de plus en plus familier. Est-ce… ? Non c’est impossible. Mon esprit me joue des tours… Il ne peut pas être là. Pas de cette façon. Pas avec autant de coïncidence. Tapis dans l’ombre, il ne me voit pas, et pourtant, c’est très clairement ses traits qui s’affichent à moi. Les larmes me submergent. Je bout de mon pistolet se met à trembler. Tant de souvenirs remontent, mais tant d’autres m’apparaissant comme étant avortés se rouvrent, tels des plaies.

Je ne peux plus le nier : Keaton est bien dans cette même pièce. Cet homme que je n’attendais plus et que j’ai tellement cherché, il m’a retrouvé sans le savoir. Je sors de l’ombre, laissant mes armes pendre au bout de mes bras. Il ne me voit toujours pas, me tournant le dos. Le nœud à la gorge m’empêche de lui souffler un quelconque mot. Les sanglots se font de plus en plus puissants, mais je n’ose m’approcher de lui dans l’état où il est. Mes armes tombent simplement de mes mains, dans un bruit clairement loin d’être étouffé. Je parviens juste à souffler « Key… », son surnom, tout en le fixant de deux yeux embués.

Sur Re: I am nothing without a pudding le Ven 26 Oct - 14:26
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I am nothing without a pudding
Keaton & Faith

« I lie for you, walk the wire for you, yeah, I'd die for you »
Les vases se brisent, explosés contre le mur. Mes cris baignent la maison tant et si bien que je pourrais presque sentir les murs  trembler. Je suis incontrôlable, prit dans cette rage, cette peur de ne jamais arriver à ce but que je m’efforce de poursuivre. Je ne veux pas échouer, je ne veux pas m’effondrer. Il semblerait qu’aujourd’hui, je sois bien trop faible pour lutter contre cette colère qui me ronge depuis cinq ans maintenant. Comment ai-je pu me laisser traîner sous terre ? J’aurais dû me battre davantage pour aller la retrouver et m’assurer de sa mise en sécurité. Je n’ai pas su le faire.
Un nouveau hurlement, mélange de cette rage et d’une détresse dont personne ne connaît l’existence, m’échappe sans que je ne le contienne. Je n’y arrive plus. Peu à peu, je deviens faible et laisse mes sentiments et mes émotions prendre un control total de mon être. Je suis un orage grondant de colère. Je suis un brasier détruisant tout sur son passage.

Puis, tapis dans l’ombre, un bruit me ramène en pleine réalité. Je ne suis pas seul. Je fais volteface et mon cœur cesse de battre l’espace d’une demi-seconde. Serait-ce une hallucination ? Elle est ici, plus vivante que jamais, de grosses larmes dévalant ses joues salies par une survie en pleine nature évidente. Mais elle n’a pas changé, toujours aussi belle. Bêtement, je tends une main vers elle comme si ce simple geste suffirait à faire fuir cette image que mon cerveau se créé de toute pièce. Mais elle ne s’évapore pas, sa présence reste ici, dans cette pièce, face à moi.

« -Faith… ? »

Je déglutis, redevenu si calme d’un seul coup. Bon nombre de souvenir à ses côtés me sautent à la gorge, menaçant de me faire éclater en sanglot alors que ce n’est pas mon genre. Mais pour elle, pour cette jeune femme, je serais capable de verser toutes les larmes que mon corps peut contenir jusqu’à la dernière. Pour elle, je pourrais mourir. Alors, sans un mot de plus, je m’approche d’elle avec une douceur qu’elle seule me connaît. Mes doigts viennent effleurer sa joue, chassant les larmes épaisses qui y coulent. Elle est réelle. La sensation de sa peau si douce sous mes doigts en est une preuve indéniable.




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Sur Re: I am nothing without a pudding le Dim 28 Oct - 13:33
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Suis-je en proie à des délires ? Comment être sûre qu’il est bien réel, là, devant moi, à s’énerver. Comment puis-je être certaine que ça soit bien lui qui ait entendu ce surnom que je lui ai donné ? Est-il le fruit de mon imagination ? Mais il répond, il souffle mon prénom. Pétrifiée par tant de questions en suspens, et par tant d’informations à traiter en même temps, je me contente d’être immobile, à déverser toutes les larmes que je contiens depuis tant d’années. Il tend sa main vers moi, et je ne peux juste pas agir. En tout cas, jusqu’à ce qu’il s’approche de moi et effleure ma joue de ses doigts. Je ravale difficilement ma salive, le laissant me sécher les larmes. Je peux sentir les sillons de clarté se former dans la crasse de mon visage.

Ce n’est pas le moment de chercher des réponses, elles arriveront bien assez vite. Je ne peux juste plus lutter contre celle que j’ai été et qui est horrifiée par tout ce que j’ai vécu. Je m’écroule contre lui, enroulant son cou de mes bras et enfouissant mon visage contre son torse, libérant les larmes pour de bon. Il me faut un moment pour me ressaisir. Bien trop long à mon goût, car j’ai la sensation de le délaisser et d’avorter nos retrouvailles. Toutes ces choses que je me suis promise de lui dire, ces paroles que j’ai apprise par cœur pour nos retrouvailles, ce que j’ai imaginé concernant cette scène… Il n’en est rien. Oui je lui en ai voulu de m’avoir abandonnée. Oui, j’ai pleuré sa disparition. Oui, j’ai tellement souhaité retrouver un cadavre à sa place car ça aurait été plus simple ainsi, même si ça n’aura en rien effacé ma tristesse.

Mais il n’en est rien. Le destin nous a joué un tour et nous a réunis. Je ne contrôle rien. Je devine que lui non plus. Pourtant, l’instant n’aurait pu être aussi parfait. Je me redresse doucement et glisse mes mains sur ses joues, plantant mon regard dans le sien. Je détaille ensuite son visage avant de me mettre sur la pointe des pieds pour venir l’embrasser. Ces lèvres, celles qui m’ont tant fait sourire par le passé, celle qui m’ont demandées en mariage, celles qui m’ont apporté de l’amour. Je pourrai les dévorer. Aucune parole ne peut venir entacher ce tableau. Il va falloir rompre le silence, à un moment donné. Pourtant, je recule autant que possible cet instant, car j’ai peur de ce que l’on puisse se dire.
Sur Re: I am nothing without a pudding le Mar 30 Oct - 14:21
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« I lie for you, walk the wire for you, yeah, I'd die for you »
La main tremblante, je chasse chacune de ses larmes avec douceur, mon regard encré dans le sien baignant dans ses pleurs silencieux. Le silence envahi la pièce, jusqu’à en faire disparaître le monde extérieur dans mon esprit. Plus rien n’existe. Ni le passé, ni le présent, ni l’avenir, ni l’enfer, ni le paradis, rien. Rien, hormis elle. Elle est la seule chose qui subsiste dans mon esprit à cet instant, elle et les souvenirs que nous avons ensemble, seuls vestiges du passé que le silence vient d’absorbé à son arrivée.

Je nous revois au lycée, je nous revois entrant dans la vie active. Premier mot, premier baiser, première dispute, première rupture, première retrouvaille, première fois… Alors, quand elle s’écroule contre moi, je ne peux que la serrer entre mes bras. La savoir vivante, c’est un immense soulagement. Je n’ai pas échoué, le destin nous a réunis de nouveau après des années de séparation. Pourtant, je suis incapable de parler, comme si ma voix s’était évaporée soudainement. J’ai beau ouvrir la bouche, aucun son n’en sort si ce n’est celui de mon souffle redevenu calme après mon élan de colère. Alors je ne dis rien, je me laisse porter par ce temps qui défile sans que l’un de nous deux n’ose prendre la parole.

Puis, son visage humide se relève, nos regards se jaugent et plongent l’un dans l’autre. Je n’avais jamais oublié à quel point la couleur de ses yeux avait le don de m’électriser. Je n’avais rien oublié la concernant. Les traits de son visage, à jamais encrés dans ma mémoire, me revenaient dans mes nuits agités, celles tourmentées par des pluies de cauchemars. Mais elle est là, devant moi et je pris pour que ces vilains rêves soient apaisés désormais. Il n’est pas question que je la laisse filer, encore moins lorsque ses lèvres s’échouent contre les miennes dans un baiser que je devine plein de désespoir et d’amour. Pense-t-elle que je ne suis qu’une illusion ? Est-ce son moyen de se prouver le contraire ? Toujours est-il que je réponds à son baiser avec passion et soulagement, espérant ainsi lui communiquer toutes ces émotions qui me consumaient depuis le début de cet enfer.




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Sur Re: I am nothing without a pudding le Dim 4 Nov - 16:27
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Il est là. Il est réel. Au bout de mes lèvres et de mes doigts. Tout contre moi. C’est bien Key et pas un tour de mon esprit ou une illusion. Ce n’est pas non plus un de ses simples sosies que je vois un peu partout tant son visage avait commencé à s’effacer dans mon esprit. Il s’agit bien de mon seul amour. Celui qui a bravé la mort pour nous réunir une nouvelle fois ici. Et même si ce baiser parvient à balayer certaines pensées obscures, il n’empêche que ma noirceur reste bien ancrée en moi. Je me recule doucement, gardant ma main sur sa joue. Il a pourtant bien essayé de sécher mes yeux de ces larmes. Il y est arrivé sur le coup, mais elles sont revenues. De ma main libre, je viens les essuyer d’un revers de la manche.

Il va falloir se remettre à parler, se remettre à dire des choses. Il va falloir qu’on rouvre le dialogue mais… Je ne sais que dire. Ce n’est pas comme une simple retrouvaille après une courte période. Le destin nous a kidnappé l’un a l’autre et nous avons continué d’avancer chacun de notre côté. Lorsque je vois celle que je suis devenue, j’ai peur de le faire fuir, qu’il comprenne que je ne suis plus la même, que j’ai goûté au sang. J’ai tout aussi peur qu’il en soit de même pour lui. Comme si on m’avait volé Key pour le remplacer par une copie différente. Ce serait la pire des tortures. Mais il faut pourtant qu’on soit fixé tous deux, qu’on sache.

D’une voix tremblante et à peine audible, je parviens à lui dire « T’es en retard… » Penser que j’aurai été capable de dire autre chose que cette fausse remontrance, ç’aurait été mal me connaître. Et je l’ai pensé. A quel point suis-je devenue une inconnue pour moi-même ? Il fait ressortir l’ancienne Faith. Comme si nous ne nous étions jamais réellement quittés. Comme si nous pouvions reprendre à là où nous en étions. Et pourtant… Est-ce un mensonge de penser que tôt ou tard je vais le faire fuir ? Ou est-ce là la vérité ?

Je n’attends pas réellement sa réponse que je me love dans ses bras en soufflant « Tu m’as manqué, Key… »


Sur Re: I am nothing without a pudding le Mar 6 Nov - 13:49
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I am nothing without a pudding
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« I lie for you, walk the wire for you, yeah, I'd die for you »
Notre baiser a le goût amer du désespoir, il transporte tant de souffrance que même les mots ne pourraient jamais en décrire l’intensité. Je ne cherche pas à la retenir lorsqu’elle rompt ce contact entre notre lèves, je n’ai pas le droit de la retenir. Ce serait être égoïste et je ne peux pas me le permettre. Mon cerveau vient tout juste de comprendre qu’elle est réel, pas une hallucination de mon esprit, mais bien vivante, en chair et en os. Les larmes dévalent de nouveau son visage épuisé alors qu’elle caresse ma joue avec une douceur que je ne connaissais plus. Il m’est impossible de regarder ailleurs, scrutant son visage comme pour me dire qu’elle n’a pas changé extérieurement. A l’intérieur, je ne doute pas qu’elle n’est plus la même. Faith, celle que j’ai laissé derrière moi alors que j’avais l’intention de la rejoindre, a dû beaucoup changer dans son intériorité. En bien, en mal, je ne le sais pas encore et j’ai peur de devoir le découvrir.
Sa voix rompt le silence qui s’est imposé à nous et je souris, comme un con certes, mais je souris. Comment ne pas sourire ? Le passé me revient en pleine gueule comme une grande claque. Je la revois assise dans le canapé dans mon minuscule appartement à me balancer ce genre de phrase parce que je l’ai faite attendre quelques minutes.

« -Il y avait un sacré embouteillage sur la route, excuse-moi. J’aurais dû y penser et emprunter les petites routes de campagne. »

Faire semblant de rien. Comme si le monde ne c’était jamais effondré. Comme si nous n’avions jamais été séparés pendant cinq longues années. Je rentre dans son jeu, essayant de détendre un peu les choses avec ce brin d’humour particulier que peu de gens me connaissent. Puis le corps de la jolie brune se blottie contre moi et je ne peux que l’encercler de mes bras. Elle aussi m’a manqué, terriblement. Au point de hanter mes nuits et mes journées. Au point que si je ne m’étais pas lancé cette mission de la retrouver, j’aurais pu me laisser crever comme un lâche.

« -Toi aussi, tu m’as manqué. Terriblement. »





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Sur Re: I am nothing without a pudding le
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